Journée internationale de l’éducation

24 janv. 2023

24 janvier

Pour vous parler d’éducation, suivez-moi dans mon jardin. Asseyez-vous un instant et laissez-moi vous conter comment croissent mes plants de tomates. La nature offre de belles leçons de vie à qui sait les écouter.


Pour qu’une tomate voit le jour dans mon potager, il y a bien du travail en amont. Il y a du temps passé, une logistique mise en place, un planning à respecter, beaucoup de travail au quotidien. Mais revenons au tout début de mon histoire. Tout commence avec une graine. Je la place dans un petit pot, dans une terre adaptée (terreau) et je lui donne de bonnes conditions de vie : de la chaleur, de l’eau et du soleil (ni trop, ni trop peu). Mes semis sont en bonne voie, ils ont ce qui leur est nécessaire. Je vais maintenant attendre patiemment tout en veillant à leur donner ces trois conditions au quotidien, jusqu’à ce qu’une toute petite pousse apparaisse, puis deux, puis trois. Dans mon lot de graines, certaines ne prendront pas, d’autres prendront au départ mais ne deviendront jamais un plant de tomates, et d’autres permettront à ma famille de se régaler tout l’été. Dans leurs petits pots, adaptés à leur taille, je veille à leur croissance. Quand les plants deviennent grands, que le temps est approprié, je peux les mettre en pleine terre. Je veille à les installer dans un sol riche et fertile (bonne terre avec complément de terreau et de compost) et à les installer dans un endroit ensoleillé afin qu’ils prospèrent et qu’ils donnent des fruits. Lorsqu’ils se seront acclimatés à leur nouvel environnement, je veille à les arroser autant qu’ils en ont besoin. Je désherbe autour de leurs pieds. Je surveille la présence de parasites et je les élimine. Je prends le temps d’observer leur croissance, les signes de souffrance sur leurs feuilles et la présence ou non de fleurs puis de fruits. Mon travail est de fournir toutes les conditions propices à ce que mes graines finissent par donner des tomates. Je ne maîtrise ni leur croissance, ni leur fertilité. Enfin, quand vient le temps de la récolte, je savoure avec beaucoup de joie le fruit de mon travail en partageant avec ceux que j’aime les belles tomates de mon jardin. Je remarque que certaines variétés donnent des tomates avant d’autres, que chaque plant est autonome et produit des fruits en son temps.

Il me semble que l’éducation, c’est comme le jardinage. Que je sois éducateur, professeur ou parent, je ne connais pas cet enfant qui m’est confié, ni ce qu’il deviendra. Je mets tout en oeuvre pour créer des conditions propices à son développement, qu’il ne lui manque rien et que rien ne vienne entraver sa croissance. Mais son développement, c’est lui-même qui va le mettre en place. Je dois lui faire confiance pour cela, lâcher-prise sur cette partie de son histoire. Je reste en observation pour que rien de freine sa progression personnelle. Au besoin, j’interviens et je réajuste. Sinon, je continue inlassablement à donner de bonnes conditions et j’attends. En tant qu’éducateurs, nous ne pouvons prévoir ce que deviendra une personne, ni ce qu’elle aimera, ni quels seront ses choix. Et en fait, cela importe peu pour notre travail.

De plus, nous devons garder en tête que malgré le fait de donner de bonnes conditions, nous ne sommes pas responsables ni d’une mauvaise croissance ni d’une bonne croissance. Le résultat n’est pas entièrement de notre fait ! De quoi déculpabiliser les éducateurs (et surtout les parents !). Notre mission, et nous nous devons de la mener à bien, est de fournir sans relâche de bonnes conditions, le reste n’est pas entre nos mains.

Que nous puissions garder la joie de semer jour après jour sans tenir compte du résultat, avec confiance en nous-même dans notre capacité à mettre en place ces bonnes conditions et confiance envers les enfants que nous côtoierons dans leur capacité à grandir par eux-mêmes et à se développer à leur rythme. Que nous puissions nous questionner toujours et apprendre de nouvelles méthodes pour rester alertes et efficaces dans notre travail. Que nous puissions aussi rester humble quant à la récolte, se réjouir des belles choses et ne pas culpabiliser de ce qui n’est pas nôtre.

Le coeur de l’éducation se trouve, pour moi, dans les ingrédients suivants :

  • De l’amour sans modération
  • De la joie partagée
  • De la remise en question sans céder à la culpabilité
  • De la confiance en soi et dans l’autre

Le travail d'éducation est un travail intense et complexe. Il nous bouscule dans nos certitudes, nous amène à toucher du doigts nos propres limites et nos représentations. Il vient parfois même réveiller notre histoire. C'est un travail très exigeant et très engageant mais c'est aussi un travail fondamental et primordial.  


Dans votre parcours de parents, si vous êtes confrontés à des difficultés, que vous ne savez pas vers qui vous tourner, que vos questionnements restent sans réponse, je suis disponible pour en parler avec vous. Grâce à mon expérience en tant qu'éducatrice de jeunes enfants, je peux vous apporter du soutien dans ce moment de votre vie.

Esther Benevolo

Je suis maman, doula et éducatrice de jeunes enfants à Valbonne et dans les Alpes-Maritimes 06. Je vous accompagne en prénatal, à la naissance, en postnatal et propose blessingway et soins rebozo.